Zec Batiscan-Neilson - À 500 truites du bonheur!

Rougon Émissaire Amé2011 27

La Fondation de la faune octroie à la zec Batiscan-Neilson, dans la région de Portneuf. Ces fonds serviront à la restauration des habitats de reproduction de la truite mouchetée aux lacs Croissy et Grandbois. Trois sites sur un total de six seront financés dans le cadre du programme d’amélioration de la qualité des habitats aquatiques de la Fondation de la faune.

La zec Bastican-Neilson a vu diminuer en flèche ses prises de truite mouchetée des lacs Croissy et Grandbois. Selon les analyses des sites de fraie, l’activité humaine sur le site y est en partie pour quelque chose. Le réseau routier et le passage des véhicules tout-terrain perturbent les sites de fraie. Ces derniers génèrent beaucoup de sable et de sédiments qui s’accumulent dans le gravier des frayères. Ces dépôts réduisent l’apport en oxygène aux œufs du poisson et nuisent à leur développement, lors de l’incubation.

À cela s’ajoute le fait que la zec Batiscan-Neilson est l’une des zecs les plus près de la ville de Québec. « C’est une force et une faiblesse d’être près des grands centres et d’avoir beaucoup d’utilisateurs. Les plans d’eau et l’habitat du poisson doivent être capables de supporter cette pression », invoque Olivier Jutras, technicien du milieu naturel pour la zec Batiscan-Neilson.

Pour les lacs Croissy et Grandbois, l’objectif est de revenir au rendement des meilleures années. Les lacs font aujourd’hui face à un manque à gagner de 500 truites par année. Ainsi, les gestionnaires aspirent à offrir une pêche un peu plus sportive à leurs membres et usagers.

Les travaux se concentreront sur l’introduction de gravier exempt de sédiments fins. Les techniques employées consisteront à construire des frayères en canal, des seuils-frayères et des déflecteurs. Pour Olivier Jutras, ce type de projet représente l’avenir de la zec. « La restauration de l’habitat nous offre un rendement soutenu, tandis que l’ensemencement reste une solution à court terme et nécessite des frais annuels élevés ».

Le projet des lacs Croissy et Grandbois s’inscrit dans une vision beaucoup plus large de la zec. En fait, la zec Bastican-Neilson travaille depuis plus de 30 ans sur les habitats du poisson. Depuis les huit dernières années, ces efforts se sont intensifiés. D’après Olivier Jutras, c’est une méthode qui fait ses preuves. « Dans le cas du lac Épinette, où l’habitat a été rétabli en 2006, on commence déjà à voir les résultats. L’efficacité se fait généralement sentir à la 5e et 6e année suivant l’année de l’intervention. Il faut attendre la maturité de reproduction du poisson et ça peut prendre en moyenne 3 ans », explique le technicien.

En plus de la restauration des habitats de reproduction, Olivier Jutras et l’équipe d’aménagement de la faune de la zec Batiscan-Neilson envisagent d’autres façons d’augmenter les stocks de poissons. Dernièrement, des efforts ont été déployés pour changer le comportement de fraie de la truite mouchetée pour augmenter le nombre de frayères. De nouveaux sites ont été analysés pour y acclimater des géniteurs.

Rougon Émissaire Amé2011 27

Hugo Tranchemontagne (technicien de la faune), monsieur Bernard Jolicoeur (bénévole pour le projet des lacs MacStay et Rougon), Olivier Jutras (technicien du milieu naturel ) et de Rosalie Laroche (technicienne en bioécologie


Par Audrey Painchaud

Cette année, ce sont plus de 150 000 $ qui sont remis aux zecs de la province dans le cadre du programme d’amélioration de la qualité des habitats aquatiques de la Fondation de la faune. Une vingtaine de projets sont financés. Des fonds souvent déterminants pour améliorer la conservation de la biodiversité et, par le fait même, l’offre récréative dans les zecs.