Le camping met le feu aux poudres au congrès des zecs

On ne peut pas parler du congrès des zecs 2013 sans parler du dossier camping. La nouvelle réglementation était sur toutes les lèvres, l’atmosphère était survoltée. Beaucoup en avaient gros sur le cœur, certains avaient même beaucoup à perdre. Mais avant de sauter aux conclusions de cette rencontre, un petit retour aux évènements s’impose.

L’automne dernier, le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) rappelle les campings à l’ordre. Il impose à travers la publication du Cadre de référence sur le camping dans les zecs et en territoire libre de structure faunique , une standardisation de l’encadrement de la pratique du camping dans les zecs.

Le nouveau cadre de référence serre la vis. Il commande des changements radicaux dans la pratique du camping des zecs. Le Ministère chasse les infrastructures représentant une occupation sans droit et impose le démantèlement des vérandas.

Le matériel de camping doit dorénavant répondre à des critères plus stricts. Ils doivent être mobiles, temporaires, détachés du sol et respecter le sens commun du terme camping, comme inscrit dans le règlement sur les zecs. Les campeurs, hors des terrains aménagés, devront également retirer leurs équipements entre le 30 novembre et le 15 avril de chaque année.

Toutefois, des zones grises se dessinent. Tout n’est pas blanc ou noir. Il semble qu’en termes d’accessoires de camping, « le sens commun » du Ministère ne colle pas tout à fait à la réalité des zecs. Une réalité qui se rapproche plus d’un cliché ou de la fiction, déplorent plusieurs gestionnaires de zecs. Certains accessoires, comme les vérandas, favorisent la pratique du camping et encouragent la fréquentation des zecs… des zecs qui se trouvent pour une majorité à plusieurs kilomètres des grands centres urbains.

Plusieurs membres de zecs, pour ne pas dire une majorité, sont allés jusqu’à demander des permis de construction pour une véranda ou un cabanon, avec la bénédiction du Ministère et des autorités locales, contre quelques taxes… non négligeables.

Des campeurs qui ont fait preuve de bonne foi toutes ces années, même si ces permis n’étaient, à ce moment-là, pas tout à fait réglementaires, « aucune autorité n’a surveillé, incité, ni même fait quelque tentative afin d’appliquer les lois ou règlements », fustigent les membres du conseil d’administration de Zecs Québec.

Les campings sont les vaches à lait de beaucoup de zecs. La perte de campeurs aurait des conséquences économiques désastreuses pour une généralité de ces organismes sans but lucratif. D’autant plus que les zecs ont investi, au fil des ans, des sommes très importantes dans l’implantation d’infrastructures sanitaires pour protéger l’environnement du milieu forestier.

Sans oublier que la retraite frappe toute une génération de baby-boomers. Tous ne sont pas égaux devant cette nouvelle étape de leur vie. Tout le monde ne peut pas s’offrir un chalet coquet sur le bord d’un lac. Le camping s’est avéré pour plusieurs une façon peu coûteuse de profiter, en nature, de la belle saison ou des périodes de chasse. Après tout, les zecs ont été créées dans une perspective d’accessibilité afin de redonner aux Québécois un accès équitable à la terre publique.

Le ministre est ouvert à une solution durable

Depuis le congrès, les revendications des bénévoles ont fait leur chemin. Dans une lettre adressée à Zecs Québec en juin dernier, le ministre écrit qu’il est « conscient que cela puisse représenter des défis de taille pour certaines zecs ».

Le ministre revoit les façons de faire. Tout en gardant le cap sur l’harmonisation de la pratique du camping, il consent à donner plus de temps pour arriver à une solution qui soit profitable pour toutes les parties impliquées.

Le ministre adopte également une approche plus régionalisée et axée sur les réalités et les besoins locaux. Un délai de deux ans est accordé pour élaborer un plan dans chaque région, de concert avec les intervenants du milieu. À cela s’en suivra une période de mise en œuvre des actions.

Fait intéressant, le ministre recommande de plus la mise sur pied d'un comité de suivi pour le camping. Le groupe se penchera notamment sur la question des accessoires de camping, en particulier les vérandas. Zecs Québec sera invitée à la table de discussion.

Les équipements de camping actuel et les vérandas pourront ainsi demeurer dans les campings aménagés des zecs pour une durée de deux ans. Une période pour laquelle Zecs Québec continuera de défendre les campings dans les zecs. « C’est un pas en avant », déclare Mathias Dufour, président de Zecs Québec.

Par Audrey Painchaud