La zec des Martres prend une chapelle sous son aile

Image

« Je ne suis pas pieux, mais c’est un monument à sauver », s’exclame Harold Castonguay, président de la zec des Martres, en annonçant l’acquisition de la chapelle de la Galette.

Le jeu en vaut la chandelle. La zec s’en est portée acquéreuse pour le montant symbolique d’un dollar. En contrepartie, elle s’engage à en faire la réfection. La chapelle possède une architecture patrimoniale unique, à l’image des constructions artisanales des années 1930. « Elle est restée telle quelle était. Tout est fait en bois rond, les sièges, l’autel et même le tabernacle », raconte Harold Castonguay en les dessinant des mains. « On retrouve même des soutanes de l’époque pour célébrer la messe », s’étonne-t-il.

La zec veut en faire un monument public et accessible. Elle voudrait en faire une salle pour réaliser des réunions ou des formations. La SEPAQ, à travers le Parc national des Hautes-Gorges-de-la-rivière-Malbaie, a manifesté aussi son intérêt. Le parc aimerait en faire un point d’attraction en l’intégrant dans l’une de ses animations. La MRC de Charlevoix mettra aussi du sien dans cette aventure. Elle serait prête à investir dans la restauration. Elle offrirait également son soutien dans les efforts de donner à ce bâtiment un statut de monument historique.

Construite au cours de l’été 1930, la chapelle regorge d’histoires. Selon les écrits de Céline Allard, elle aurait été construite par Eugène Leclerc, originaire de la ville de Québec. Il était alors propriétaire de l’hôtellerie et du poste de la Galette. Il avait fait vœu de construire un lieu de culte, dédié à Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus, dans l’espoir de la guérison de sa fille.

La chapelle est construite en épinette noire, comme les premières maisons des colons. Les éléments d’architectures religieuses sont composés de racines et de minces troncs d’arbres, façonnés à même la forêt environnante. Le mobilier religieux de la chapelle est fabriqué par Benjamin Girard de Saint-Urbain, l’un des derniers trappeurs et coureurs des bois de la région. La cloche est aussi celle d’origine, malgré qu’elle ait été victime d’un pillage, il y a quelques années. Elle a été retrouvée dans un bazar dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et raccrochée à son clocher.

Ne reste plus qu’à passer chez le notaire pour officialiser la transaction. Les travaux de réfection commenceront dès cet automne. Le clocher sera restauré avant l’hiver, puis les travaux majeurs commenceront au printemps. Les travaux seront réalisés bénévolement par des membres de la zec des Martres.