La zec Bras-Coupé Désert se donne les moyens de leur réussite

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Une certaine frénésie flotte dans le bureau de la zec Bras-Coupé-Désert. Le téléphone ne dérougit pas. L’équipe accommode présentement un couple qui se marie dans la zec. Une entrée triomphante en hélicoptère est prévue et crée tout un émoi.

Pour Julie Jolivette, adjointe à la direction, « la zec Bras-Coupé-Désert ce n’est plus juste de la chasse et de la pêche. La nouvelle génération veut vivre une expérience en pleine nature ».

Un virage qui s’imposait pour la zec. Le nombre de membres avait diminué considérablement. En seulement trois ans, la zec avait perdu plus d’une centaine de membres. Pour l’adjointe à la direction, l’heure était grave : « C’est toute une génération qui s’en va et qui n’est pas remplacée ». D’autant plus que la population d’orignaux est en baisse dans la région de l’Outaouais. Une situation qui a aussi fait fuir plusieurs inconditionnels de ce gibier.

La zec Bras-Coupé-Désert n’avait plus le choix. Elle devait augmenter ses tarifs… ou trouver une solution pour attirer de nouveaux membres. Julie Jolivette et son équipe ont ainsi cogné à la porte de leur Centre local de développement (CLD) et à l’époque, du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE). Ensemble, ils ont trouvé les moyens financiers pour réaliser une étude de faisabilité et pour élaborer un plan d’action. Ils ont, entre autres, défini une nouvelle clientèle cible ainsi que leurs préférences en termes de séjour.

Résultat : dans le nouveau plan, la jeune génération urbaine est mise de l’avant. Une clientèle plus exigeante et moins fidèle, mais qui a les moyens de ses ambitions. La barre est haute pour s’assurer d’un coup de cœur. La zec doit à tout prix diversifier son offre d’activités.

Le nouveau plan de développement d’activités récréatives (PDAR) met d’abord l’accent sur l’hébergement. Au total, ce sont 6 chalets confort, 2 camps rustiques, 4 refuges, 2 tentes de style Yourte, 2 tentes prêtes à camper et un camping aménagé de 34 emplacements qui seront construits. À cela s’ajoutent des infrastructures, dont 3 aires de pique-nique sur des îles et un circuit de VTT-quad de 210 km. La zec a aussi prévu mettre en place une signalisation spéciale pour mettre en valeur ses lieux pittoresques.

Julie Jolivette se donne sept ans pour mettre le plan à exécution. Un chiffre chanceux, mais qui fait aussi référence à l’année 2019. Une année qui a été proclamée, lors du dernier congrès de Zecs Québec, l’année charnière des zecs. Le début de la fin pour celles qui n’auront pas su renouveler leur clientèle. Des propos de Stéphane Martinez, de la Direction de la mise en valeur de la ressource et des territoires fauniques, qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd dans le cas de la zec Bras-Coupé-Désert.

Une voie qui fait ses preuves dans la zec

P7242196Le travail est déjà entamé depuis quelques années dans la zec. Bien avant la réalisation du plan d’action, des idées avaient été émises et certaines ont germé. Ayant flairé les nouvelles tendances en termes de séjour, un chalet a été construit en 2007 à des fins de location. Sans grande promotion, seulement avec son réseau Facebook, la zec réussit à le combler tous les étés, depuis son ouverture. L’engouement est là !

La zec Bras-Coupé-Désert finalise également un projet pour atteindre une clientèle à mobilité réduite. La pêche à gué au lac Kathleen est maintenant accessible en fauteuil roulant. Même l’accès à la toilette sèche est ajusté! Nouvel Photo 18 Juillet 2013 013

« Il faut s’adapter à la nouvelle clientèle qui a des besoins différents de la clientèle traditionnelle ». Pour Julie Jolivette, le récréotouristique, c’est la clé du succès.

Par Audrey Painchaud