La chasse à l’orignal, toute une gestion

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La chasse à l’orignal fait rêver chaque année. Même si elle constitue l’une des activités les plus prisées par les utilisateurs de zecs, sa saine gestion requiert des outils appropriés. Elle exige beaucoup d’efforts de la part de l’équipe de travail et des bénévoles. Le territoire est immense et il est difficile d’avoir des yeux partout.

La chasse à l’orignal, qu’elle soit pratiquée dans les zecs ou sur le territoire libre, est tristement connue pour ses chasseurs intimidants. Même si les terres sont publiques, certains fanfarons s’approprient encore des portions de territoires pour y aménager « leur » site d’affût. Ils s’imaginent aussi qu’en achetant leur forfait de chasse au gros gibier, ils ont l’autorisation d’occuper le territoire et d’empêcher d’autres utilisateurs de circuler librement sur celui-ci.

La zec des Passes, même si reconnue pour son harmonie entre chasseurs, a voulu faire un peu de ménage dans le système de gestion de la chasse à l’orignal sur son territoire. Elle a adopté un plan d’action qui a entré en vigueur officiellement cette année pour mettre les choses au clair.

La zec des Passes s’est beaucoup inspirée des plans d’action des zecs de la Lièvre, Martin-Valin, Rivière-aux-Rats et Bas-Saint-Laurent. Il consiste d’abord en la réglementation de l’affichage. « Avant, on retrouvait parfois des têtes de mort sur certaines pancartes, près des sites d’affût. », relate Frédéric Gagnon, coordonnateur de la zec des Passes. L’affichage est dorénavant géré par la zec. Celle-ci est maintenant uniforme et porte les mots « chasseur à l’affût » en grosses lettres. « On voulait de cette façon réduire la violence ».

En plus d’être identifiés sur le terrain, les emplacements des sites sont aussi délimités sur des cartes et informatisés par le personnel du poste d’accueil. La taille du périmètre de chaque site d’affût est limitée à un kilomètre de diamètre. La zec a ainsi enregistré et réparti 600 sites d’affût sur ses 1400 km2 de territoire.

De cette façon, la zec peut effectuer un meilleur inventaire des sites et mieux contrôler les chasseurs récalcitrants. Mais, pour Frédéric Gagnon, « le but était principalement d’encourager la relève et de lui donner accès au territoire, ce qui cadre entièrement avec le mandat des zecs ».

La mise en pratique du plan s’avère néanmoins plus difficile que prévu. « Ce sont des tâches de plus pour les bénévoles et les employés. Nous avons d’ailleurs dû engager une personne supplémentaire pour gérer les gens à la barrière », explique Frédéric Gagnon. Et malgré tout, la zec a encore son lot de conflits entre chasseurs. Toutefois, ceux-ci sont tout de suite pris en charge par la zec. Les problèmes ont ainsi moins de risques de s’envenimer. Le coordonnateur reste convaincu que c’est la bonne voie à prendre. « Le système est encore en rodage. Nous nous donnons encore trois ans pour mettre définitivement le système en place et changer les comportements de certains chasseurs ».

Pour en savoir davantage sur le plan d’action de la zec des Passes en matière de chasse à l’orignal, consultez son site Web à l’adresse www.zecdespasses.ca.

Par Audrey Painchaud